27 mars 1969 - Expropriation massive à Ste-Scholastique
Le gouvernement fédéral envoie 3 126 avis d'expropriation aux résidents de Sainte-Scholastique et d'autres municipalités voisines. Au total, Ottawa prendra possession de 93 000 acres de terrain en vue de la construction de l'aéroport international de Mirabel. Plus de 1 700 familles, en grande majorité des agriculteurs appartenant à seize paroisses, devront se reloger. Pendant plus de cinq ans, les citoyens tenteront vainement de faire entendre leurs doléances. L'aéroport de Mirabel sera inauguré officiellement en octobre 1975.
16 octobre 1970 - Loi des mesures de guerre
Le premier ministre Pierre Elliott Trudeau décrète la Loi des mesures de guerre en prétextant qu'une insurrection générale est sur le point d'éclater au Québec. L'habeas corpus est suspendu et l'armée canadienne prends le contrôle du Québec. Un total de 457 citoyens considérés comme suspects sont arrêtés sans mandat dont notamment des chanteurs, poètes, syndicalistes, journalistes, et comédiens.
23 Juin 1971 - Refus d'accorder plus de pouvoir au Québec à la conférence de Victoria.
En juin 1971, les premiers ministres se réunissent à Victoria afin de s'entendre sur une formule de rapatriement de la constitution.
Le projet d'une entente constitutionnelle échoue devant le refus d'Ottawa d'accorder plus de pouvoirs au Québec en matière de santé, de services sociaux, de sécurité du revenu et de main d'œuvre. En effet, la proposition de Trudeau, un ultimatum aux provinces en fait, offrait très peu en matière de réaménagement des pouvoirs et le gouvernement du Québec insistait sur cette opportunité unique pour établir un meilleur équilibre. Le très fédéraliste Claude Ryan écrira, le 21 juillet 1992 dans le Devoir, pourquoi la Charte de Victoria a été refusée : « la Charte de Victoria, dans son ensemble, est un document qui tend à consolider la prépondérance du gouvernement central dans les affaires canadiennes et à ramener le Québec au rang de province comme les autres, sans égard à ses problèmes et à ses urgences propres ».
18 et 19 avril 1972 - Plan d'invasion du Québec
Les 18 et 19 avril 1972, une brochette de hauts gradés militaires venant de l'ensemble du Canada participent à une réunion secrète à l'Hôtel Laurentien à Montréal. Ils sont une soixantaine, dont huit généraux, quatorze colonels et vingt-quatre lieutenant-colonels. Le document secret Mobile Command Headquarters - Internal Security Group - Exercice Neat Pitch leur est distribué.
Neat Pitch est un plan d'invasion et d'occupation du Québec en cas d'insurrection. Au cours de cette réunion, deux militaires britanniques de haut rang leur font un exposé sur leur expérience en Irlande du Nord. Dans le document Tactical Operations in Northern Ireland distribué aux militaires canadiens, on prône une intervention rapide et massive, en cas de désordres sociaux, avec de l'équipement lourd et l'utilisation de balles de caoutchouc pour venir à bout des manifestants.
8 janvier 1973 - Vol de la liste des membres du Parti québécois sur ordre de Trudeau
Dans la nuit du 8 au 9 janvier 1973, entre minuit et 5 h 30 du matin, a lieu l'opération Ham, durant laquelle la liste des membres du Parti québécois est volée par la Gendarmerie royale du Canada. Trente ans plus tard, le témoignage de l'ancien directeur des Services de sécurité de la GRC, John Starnes, devant la Commission McDonald révèle que cette opération a été ordonnée par le cabinet Trudeau.
23 février 1977 - La souveraineté : « un crime contre l'humanité » !!
Le premier ministre du Canada, Pierre Elliott Trudeau , prononce un discours historique à Washington devant les membres du Sénat et de la Chambre des Représentants. Ce discours survient quelques mois après l'élection du Parti québécois. Il déclare notamment : « La plupart des Canadiens savent que le morcellement de leur pays constituerait une déviation aberrante des normes qu'ils ont eux-mêmes établies et que ce serait là un crime contre l'humanité».
28 octobre 1977 - La GRC a commis des actes illégaux sur ordre du gouvernement libéral au pouvoir
Dans les années qui ont suivi la crise d'Octobre 1970, le Service de sécurité de la GRC (SSGRC) a mené une série d'actes illégaux contre des individus ou des groupes associés au mouvement indépendantiste québécois. Ces gestes ont fait l'objet d'enquêtes publiques : la Commission Keable au Québec et la Commission McDonald au Canada. Les faits reprochés sont nombreux. Le vol des listes de membres du Parti québécois (opération HAM), qui aurait nécessité la participation de plus de trente agents, est le plus connu des actes illégaux commis par les services du gouvernement fédéral.
25 janvier 1979 - Le gouvernement libéral ignore les recommandations de la Commission Pépin-Robarts sur l'unité canadienne
Mise sur pieds après l'élection du Parti Québécois afin de trouver des solutions pour renforcer l'unité canadienne, la Commission dépose son rapport en janvier 1979. Elle mets de l'avant plusieurs propositions qui sont favorables aux provinces, en plus de recommander l'abolition du sénat et une réforme du système électoral. Toutes ces recommandations seront ignorées car jugées contraires à la vision centralisatrice du Parti Libéral du Canada.
14 mai 1980 - P.E. Trudeau promet solennellement des changements
Lors d'un rassemblement du camp du NON au Centre Paul-Sauvé, le premier ministre du Canada promet de renouveler le Canada advenant une victoire du NON au référendum. Il déclare :
« Je m'adresse solennellement aux Canadiens des autres provinces. Nous mettons notre tête en jeu, nous du Québec, nous disons aux Québécois de voter NON ; nous vous disons que nous n'accepterons pas qu'un NON soit interprété par vous comme une indication que tout va bien, que tout peut rester comme avant. Nous voulons des changements. Nous mettons nos sièges en jeu pour avoir ces changements ! »
La promesse de Trudeau est délibérément ambiguë. Alors que les Québécois comprennent qu'il promet des changements qui iront dans le sens de leurs revendications traditionnelles, soit un réaménagement des pouvoirs, le premier ministre fédéral pense plutôt à prendre sa revanche sur l'échec de Victoria de 1971.
2 octobre 1980 - Trahison des promesses référendaires de P.E. Trudeau
Le premier ministre du Canada, Pierre Elliott Trudeau annonce son intention de rapatrier la constitution du Canada, avec ou sans le consentement des provinces, et d'y inclure une Charte des droits et libertés qui aurait préséance sur toute loi fédérale ou provinciale. Le gouvernement du Québec s'y oppose vivement et, de concert avec d'autres provinces canadiennes, porte l'affaire devant la Cour suprême du Canada. De plus, une clause de la Charte s'attaque directement à certaines dispositions de la loi 101 touchant l'accès à l'école anglaise
4 et 5 novembre 1981 - Nuit des longs couteaux
À la suite d'une journée de négociations, les représentants du gouvernement fédéral et de neuf provinces anglophones en arrivent à un consensus durant la nuit. Sans la présence du Québec, ils se sont entendus pour diminuer, notamment, ses pouvoirs en matière de langue et d'éducation. Le Québec voit également confirmée la perte de son droit de veto sur les amendements constitutionnels sans aucune compensation, ce qui contrevenait à une entente conclue le 16 avril 1980.
2 décembre 1981 - Vote sur le rapatriement de la Constitution
La Chambre des communes vote en faveur du projet de rapatriement de la Constitution canadienne. Les 74 députés du Parti Libéral du Canada votent en faveur du projet. Sans le consentement du Québec, la nouvelle constitution du Canada est promulguée par la reine Elisabeth II le 17 février 1982. Seule la version anglaise a cours légale. En dépit de l'absence de la signature du Québec, ce dernier y est assujetti.
2 novembre 1982 - Projet de loi S-31
André Ouellet, ministre de la Consommation et des Corporations, dépose discrètement le projet de loi S-31 afin de bloquer de développement de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Le projet de loi du gouvernement libéral, dirigé par P.E. Trudeau, vise à interdire aux provinces l'acquisition directe ou indirecte de plus de 10 % des actions d'une compagnie interprovinciale ou internationale de transport de passagers ou de marchandises par rail. L’objectif est clair : empêcher la Caisse d'acquérir une plus grande participation dans le Canadien Pacifique, le Canada anglais ne pouvant tolérer que les Québécois deviennent le plus gros actionnaire du CP. L'Opposition à Ottawa manifeste sa désapprobation à l'endroit du projet de loi. De fortes protestations proviennent également du Québec alors que le gouvernement péquiste et les dirigeants de la Caisse de dépôt et de placement dénoncent ce qu'ils perçoivent comme une tentative fédérale de restreindre les moyens d'intervention des provinces dans le domaine des transports.
27 mai 1987 - P.E. Trudeau attaque l'Accord du lac Meech
Dans un article publié dans le journal La Presse, l'ex-premier ministre du Canada déclare son total désaccord avec l'entente. Il prend ainsi la même position que le Parti Libéral du Canada qui s’oppose à l’entente.
Automne 1993 - Le Parti Libéral du Canada promet d'abolir le Traité de Libre-échange
En vigueur depuis le 1er janvier 1989, le Traité de libre-échange entre le Canada et les Etats-Unis est très favorable au Québec. Cet accord permet en effet au Québec de diminuer sa dépendance économique par rapport au reste du Canada et de développer des liens plus étroits avec les Etats-Unis, notre principal marché d'exportation. En opposition totale avec les intérêts supérieurs du Québec, le Parti Libéral du Canada promet de déchirer l'accord s'il prend le pouvoir.
27 février 1995 - Moins d'argent pour la santé et les services sociaux
Le ministre libéral des finances, Paul Martin, présente son budget. Il retranche plus de 765 millions de dollars des paiements de transferts alloués au Québec pour la santé, l'éducation et l'aide sociale.
26 août 1995 - L'armée canadienne au Québec pour faire peur
Pour effrayer les Québécois à la veille du référendum, le gouvernement libéral fait défiler au Québec de longs convois militaires de plusieurs centaines de véhicules lors de la fin de semaine du 26 août 1995. À la même période, on avait eu droit à des vols la nuit d'hélicoptères militaires et aux lancements de grenades à Ville d'Anjou. Deux événements largement médiatisés.
Octobre 1995 - Encore des promesses référendaires trahies
À la suite de la courte victoire des forces du NON au référendum de 1995, Jean Chrétien déclare le 30 octobre qu'il a compris la «profonde volonté de changement» des Québécois. Le 7 novembre 1995, un comité spécial du cabinet sur l'unité national est mis sur pied et a pour mandat de donner corps aux promesses faites par Jean Chrétien au cours de la campagne référendaire. Malgré l'insistance de Daniel Johnson appelant des modifications constitutionnelles et un partage des pouvoirs plus généreux pour les provinces, le gouvernement libéral se limite à déposer à la fin novembre un projet de loi l'engageant à tenir compte du fait que le Québec au sein du Canada est une société distincte. Un autre projet indique que le gouvernement fédéral s'imposera d'obtenir (pas nécessairement du gouvernement) le consentement du Québec, de l'Ontario, de l'Atlantique et de l'Ouest, et aussi spécifiquement de la Colombie-Britannique avant d'enclencher la procédure d'amendement prévue dans la constitution. Aucun changement constitutionnel n'est mis en place, ni aucun nouveau pouvoir pour le Québec.
14 avril 1996 - Les Québécois ne forment pas une nation selon le Parti libéral du Canada
L'aile québécoise du Parti libéral du Québec se refuse à reconnaître que les Québécois forment une nation. Elle propose plutôt que l'on retienne l'expression «foyer principal de la langue et de la culture française en Amérique ». Bien sûr, le gouvernement à Québec s'oppose à ce concept. Même le très fédéraliste Daniel Johnson déclare, alors chef de l'Opposition: « Ça demeure un peu court que le Québec soit le foyer principal des francophones en Amérique. C'est comme dire que Terre-Neuve est une île et qu'il y a les Rocheuses dans l'Ouest : il n'y a pas d'effets juridiques qui s'en suivent (...) On a décrit un bien petit morceau de la réalité. Moi je dis tout de suite, au nom du Parti libéral du Québec et d'une vaste majorité de Québécois, que le point d'arrivée c'est celui de la reconnaissance du Québec comme société distincte au Canada.» .
20 novembre 1996 - Motion sur la nomination des Lieutenant-Gouverneurs
Le Gouvernement du Québec dépose une motion demandant qu'Ottawa nomme, à titre de Lieutenant-Gouverneur, la personne qui aura été choisie par les députés de l'Assemblée nationale. Refus du gouvernement libéral, les Lieutenant-Gouverneurs du Québec continueront d'être nommés de façon unilatérale par Ottawa.
18 février 1997 - Annonce de la création de la première des grandes fondations privées occultes
À l'occasion du discours sur le budget, Ottawa annonce qu'il crée la Fondation canadienne pour l'innovation, la première d'une série de neuf fondations indépendantes du gouvernement, et dans lesquelles seront détournés plus de neuf milliards de dollars. La vérificatrice générale du Canada et le Parlement n'ont aucun droit de regard sur leurs activités, pourtant financées grassement à même les impôts prélevés aurprès des Québécois et des Canadiens.
20 novembre 1997 - Programme des commandites
Au lieu de donner suite à la volonté de changement exprimée par les Québécois lors du référendum de 1995, le gouvernement libéral mets sur pied un programme de 250 millions de dollars afin d'augmenter la visibilité du gouvernement fédéral et d'octroyer de généreux contrats aux sociétés de communication proches du PLC.
4 février 1999 - Entente sur l'Union sociale sans le Québec
Les neuf provinces anglophones et le gouvernement fédéral signent l'entente sur l'Union sociale. Le Québec refuse de l'entériner, y voyant un recul important. Par cette entente, Ottawa s'approprie des compétences provinciales. Encore une fois, le Parti libéral du Canada nie toute forme de spécificité québécoise et montre à quel point sa motion reconnaissant que le Québec constitue une société distingue n'était qu'une formule vide de sens.
10 décembre 1999 - Dépôt de l'avant-projet C-20
Le Gouvernement libéral déclare qu'il ne négociera pas la souveraineté assortie d'un partenariat, qu'il ne reconnaîtra pas une majorité de 50% plus une voix et que les frontières du Québec feront partie des négociations (partitionisme), et qu'il sera seul juge de la « clarté » de la question posée. Le projet de loi sera adopté le 20 mars 2000 par la Chambe des Communes. L'Assemblée nationale riposte le 7 décembre 2000 par le projet de loi 99 affirmant le droit des Québécois à disposer d'eux-mêmes, l'égalité des votes, et la règle démocratique fondamentale du 50% plus une voix.
23 mars 2001 - L'opposition à Ottawa demande une enquête sur les agissements de Jean Chrétien
Les quatre formations d'opposition à la Chambre des communes (Parti progressiste-conservateur, Alliance canadienne, Bloc québécois, Nouveau Parti démocratique) réclament la formation d'une commission pour enquêter sur le rôle du premier ministre Jean Chrétien dans l'octroi d'un prêt à une Auberge de Grand-Mère. Ces pressions font suite aux révélations de deux journaux, le «Globe and Mail» et le «National Post», qui prétendent que le premier ministre avait encore des liens avec un terrain de golf de Grand-Mère lorsque la Banque de développement du Canada a accordé un prêt de 615 000 $ à l'Auberge Grand-Mère qui lui est adjacente. Le chef conservateur Joe Clark croit déceler un conflit d'intérêt, ce qui l'incite à déclarer : «J'estime pour ma part qu'il (Jean Chrétien) devrait se mettre en congé de ses fonctions de premier ministre en attendant que l'affaire soit tirée au clair.» La controverse de l'Auberge Grand-Mère fera la une des journaux pendant quelque temps, même si le premier ministre décide, le 26 mars, de répondre à ses critiques en rendant publics les documents relatifs à cette transaction. Loin de mettre un terme au débat, les informations divulguées ne feront cependant que relancer celui-ci.
29 mai 2001 - Adoption de la loi C-7 sur les jeunes contrevenants malgré l'opposition très majoritaires des Québécois
Ignorant les avis unanimes des intervenants québécois en la matière, le gouvernement libéral fait adopter la Loi C-7 sur les jeunes contrevenants. D'avantage basée sur la punition que sur la réhabilitation, la Loi sur les jeunes contrevenants reçoit un accueil froid au Québec, alors que l'Assemblée nationale a, le 23 mai, demandé unanimement à la Chambre des communes de la repousser. Plusieurs intervenants sociaux du Québec reprochent particulièrement à la nouvelle loi de rendre passibles de peines pour adultes des jeunes de 14 ans qui auraient commis des crimes graves avec récidives, des meurtres prémédités aux premier et deuxième degrés, des homicides involontaires ou des agressions sexuelles. Selon Pierre Lamarche, directeur général de l'Association des centres jeunesse : «Cette loi va tout à fait à l'encontre de la philosophie de réadaptation sociale que le Québec a développée. Le jeune ne sera plus exposé à des programmes qui ont fait leurs preuves mais juste à la prison.»
10 février 2004 - La vérificatrice générale du Canada confirme la dérive du Programme des commandites
Cette campagne de propagande grossière, que constitue le Programme des commandites, donne lieu à des abus que dénonce la vérificatrice générale du Canada. Mme Sheila Fraser constante qu'ont a bafoué les règlements sur l'attribution des contrats en gérant de façon discutable des millions de dollars de fonds publics. Elle rappelle qu'à toutes les étapes du processus de passation des contrats, les règles ont été violées ou ignorées, pendant plus de quatre ans. Selon elle, «ces méthodes semblent avoir été conçues pour verser des commissions à des agences de communications tout en cachant la source des fonds […]. Ces pratiques ne respectaient pas le processus d'octroi des crédits parlementaires ni le Parlement lui-même.
26 octobre 2004 - Rencontre des premiers ministres sur la péréquation: Le gouvernement libéral à Ottawa continue de traiter le Québec de façon inéquitable.
Le Québec est traité inéquitablement par Ottawa, croit le ministre fédéraliste des Finances, Yves Séguin. Les paiements de péréquation n'ont en effet augmenté que de 279 millions $ en 2004, alors que le Québec attendait des revenus supplémentaires de 600 millions $. Depuis 2002, les revenus en provenance d'Ottawa ont chuté de 3 milliards $. "Le gouvernement fédéral est particulièrement sévère à la baisse à l'égard du Québec. Jamais pour le Québec une baisse n'a été aussi forte depuis la Deuxième Guerre mondiale", a dit le ministre Séguin, lors d'un bilan de la situation financière du Québec. Au sujet de la péréquation, le ministre a dit qu'il faudra "en corriger les lacunes. Nous sommes devant un gouvernement fédéral inflexible. C'est à se demander si les vrais fédéralistes ne sont pas qu'à Québec".
L'insuffisance des paiements fédéraux se produit au moment où le gouvernement fédéral connaît des surplus considérables, a rappelé le ministre Séguin. Ces surplus devraient atteindre 8,9 milliards $ cette année (2004-2005), après avoir été de 9,1 milliards $ l'an dernier et de 7 milliards $ l'année précédente. Au total, les surplus accumulés par Ottawa atteindront 70 milliards $ depuis 1997. En même temps, le gouvernement fédéral a offert des compensations financières spéciales à certaines provinces dans le cadre de la péréquation. Ces montants ont atteint 1,4 milliard $ pour Terre-Neuve, 650 millions $ pour la Nouvelle-Ecosse, 582 millions $ pour la Saskatchewan et 192 millions $ pour la Colombie-Britannique.
Si le Québec avait touché des montants équivalents, il aurait reçu un chèque de 30,4 milliards $, compte tenu de sa population plus élevée, a calculé le ministre Séguin. Le ministre des Finances a aussi mis en évidence le fait que certaines provinces pouvaient exclure leurs revenus pétroliers dans le calcul de la péréquation qu'elles reçoivent, tandis que le Québec doit inclure ses revenus provenant de l'hydroélectricité. "Cela donne un avantage additionnel aux provinces qui ont du pétrole", croit M. Séguin. Ce dernier a multiplié les termes très durs à l'égard de l'attitude du gouvernement fédéral. Il a parlé d'un "mur", d'un "discours monologue, inflexible".
30 mars au 6 avril 2005 - Témoignage de Jean Brault à la Commission Gomery: Un système de corruption aurait été mis en place par des dirigeants du PLC afin de financer le parti.
Le Devoir du 8 avril 2005, par l'intermédiaire du journaliste Byan Myles, résume ainsi le témoignage accablant de l'ex-PDG de Groupeaction, M. Jean Brault:
«Se décrivant lui-même comme un homme d'affaires peu scrupuleux, Jean Brault a financé le Parti libéral du Canada (PLC) par toutes les voies imaginables -- légales ou non -- à la demande des ténors de la formation politique. Voici les points saillants de ses six jours de témoignage devant la commission Gomery
L'État et le politique «ne faisaient qu'un» dans le programme fédéral de commandites. S'il n'avait pas été aussi généreux à l'égard du PLC, Jean Brault est convaincu qu'il n'aurait jamais obtenu autant de contrats de la part du gouvernement.
- De 1996 à 2002, Groupaction a touché 60,8 millions de dollars en contrats de commandite, permettant ainsi à son fondateur, M. Brault, d'empocher plus de 6 millions de dollars uniquement en revenus et dividendes.
- Jean Brault, ses compagnies et des proches qu'il a toujours remboursés ont versé 166 000 $ en contributions légales au PLC de 1996 à 2002. Les contributions occultes du publicitaire, faites sous forme de versements d'argent comptant, de paiement de factures du parti et d'honoraires versés à des travailleurs d'élections, oscillent autour de 1,4 million de dollars.
- Jean Brault est entré dans les bonnes grâces d'influents membres de la famille libérale en versant des honoraires de 1,1 million de dollars à Alain Renaud, un «ouvreur de portes» littéralement prêté au PLC par Groupaction et apprécié de tous -- y compris par le ministre Alfonso Gagliano --, ce qui, en retour, a valu des contrats de commandite à l'agence.
- Benoît Corbeil (directeur général du PLQ), Jacques Corriveau (ami de Jean Chrétien et imprimeur du PLC), Joe Morselli (organisateur de M. Gagliano) et Alain Renaud sont les quatre personnes qui ont sollicité Jean Brault pour renflouer les coffres de la formation politique par tous les moyens possibles, souvent en argent liquide.
- Les demandes du PLC dépassaient la volonté de payer de Jean Brault, qui a dû négocier à la baisse. Les ténors du parti ont même poussé l'audace jusqu'à lui refiler des factures pour la rénovation de locaux, des appels téléphoniques ou la fourniture d'équipement de bureau, qu'il a refusé de payer trois fois plutôt qu'une.
- Groupaction a versé près d'un demi-million de dollars à Pluri-Design, la firme de Jacques Corriveau, sur présentation de factures pour des services jamais rendus. Ces sommes étaient exigées de Jean Brault pour ce que M. Corriveau appelait «la cause» et ont été versées sous la forme d'une ponction de 10 % sur toutes les commissions de Groupaction dans la gestion de la commandite de Polygone/Expour, deux sociétés appartenant à Luc Lemay et dont Denis Coderre était le directeur général avant de se lancer en politique.
- À la demande de Benoît Corbeil et Jacques Corriveau, Groupaction a pris à sa charge deux bons militants libéraux, Serge Gosselin et John Welch (l'actuel chef de cabinet de Liza Frulla), en leur versant des honoraires annuels de 80 000 $ et 97 000 $ sans qu'ils accomplissent une heure de travail pour l'agence de publicité. Le premier a écrit un livre sur Alfonso Gagliano tandis que le second a réalisé du travail pour le compte du parti.
- Jean Brault a proposé 100 000 $ à Joe Morselli pour qu'il intercède en sa faveur afin de permettre à Groupaction de garder un contrat avec le ministère de la Justice dans le cadre du registre national des armes à feu, en 2002. Le contrat a été sauvé, mais seulement la moitié du paiement a été faite en raison des enquêtes de la vérificatrice générale dont M. Brault faisait l'objet.
- Jean Brault a versé 50 000 $ à la campagne électorale de Jean Charest lors des élections provinciales de 1998. L'argent a transité par le Groupe Everest, propriété de Claude Boulay, qui a facturé des services fictifs à Groupaction afin de justifier le paiement. Jean Brault a aussi versé 100 000 $ en deux ans au Parti québécois en utilisant 17 de ses employés comme prête-noms.
- Lithographie Dickson, une entreprise appartenant au fils d'Alfonso Gagliano, Vincent, a reçu 185 267 $ en contrats de sous-traitance de la part de Groupaction. M. Brault, soucieux d'encourager «les enfants de nos amis», a aussi trouvé un stage chez Naya pour la fille du ministre des Travaux publics, Imma.
- Une ordonnance de non-publication partielle a été maintenue sur les portions du témoignage de M. Brault portant sur Charles Guité, l'ex-directeur du programme des commandites.»