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Un appel pathétique
Le 18 mai 2004

Dans un discours très attendu, le premier ministre Paul Martin a dévoilé hier à Laval quelle place il entend donner au Québec dans la fédération canadienne. Depuis le début des années soixante, tous les gouvernements qui se sont succédés dans la vieille capitale n'ont cessé de revendiquer de nouveaux pouvoirs et une réelle reconnaissance de la différence québécoise. Du projet le plus modeste, l'accord du lac Meech, à celui plus ambitieux et plus concret d'indépendance nationale, en passant par le rapport Allaire, les Québécois ont toujours dits, et de toutes les façons, qu'ils sont une nation qui veut être traitée comme telle. Sous les précédents régimes de Trudeau et de Chrétien, la réponse ne se faisait pas attendre : c'était non. Paul Martin, lui, prétend être différent et plus « ouvert » au Québec. Pourtant, ce qu'il a annoncé hier, n'avait rien pour répondre aux aspirations des Québécois, et on cherche encore ce qui le distingue sur le fonds de son prédécesseur, Jean Chrétien. Ainsi, le premier ministre nous a annoncé que  le Québec, « c'est le foyer principal de la langue et de la culture française en Amérique du Nord » . Paroles creuses et duplicité, voilà les mots qui viennent spontanément à l'esprit quand on relit son discours. Qu'on y réfléchisse un instant. Quarante années de revendications constitutionnelles pour aboutir à cette évidence sociologique sans lendemain ! Voilà pour la reconnaissance. Pour ce qui est des pouvoirs, l'insignifiance est à l'honneur : « être à l'écoute des provinces, c'est essentiel »; « partenariat mains dans la mains »; « il y a des juridictions provinciales et il faut les respecter », etc… En fait, aussi étrange que cela puisse paraître, Paul Martin n'est pas donneur, mais demandeur. Il a « besoin du Québec pour construire le Canada de demain ». Bref, il n'a rien à offrir au Québec. Bien au contraire c'est au Québec de se mettre au service de M. Martin : « Pour réaliser tout ce que je veux faire comme premier ministre, j'ai besoin du Québec ». Mettre le Québec au service du Canada, voilà le programme libéral. Voilà sa nouvelle ouverture au Québec. Quel appel pathétique !
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