Né à Saint-Coeur-de-Marie (Lac-Saint-Jean) le 22 décembre 1938, fils de Philippe Bouchard et d'Alice Simard.
Fit ses études classiques au Collège de Jonquière. Obtient un baccalauréat ès arts en 1959, un baccalauréat en sciences sociales ainsi qu'une licence en droit à l'Université Laval et est admis au Barreau du Québec en 1964.
Exerce sa profession d'avocat à Chicoutimi jusqu'en 1985. Président des tribunaux d'arbitrage du secteur de l'éducation, de 1970 à 1976, procureur en chef de la Commission de l'industrie de la construction (Commission Cliche) en 1974-1975 et membre de la Commission d'étude et de consultation dans les secteurs public et parapublic (Commission Martin-Bouchard). Par la suite, agit à titre de coordonnateur ou de membre de diverses équipes spéciales représentant le gouvernement du Québec dans les négociations collectives des secteurs public et parapublic, et dans les affaires constitutionnelles. À compter de 1978, il est successivement bâtonnier du Barreau du Saguenay, membre du comité administratif et président du comité de spécialisation du Barreau du Québec. Il est membre de plusieurs conseils d'administration: Société générale de financement du Québec, Société Donohue inc. et la Corporation de développement des investissements du Canada. Publie À visage découvert (1992), la traduction anglaise On the Record est publiée en 1994 et plusieurs articles spécialisés.
Ambassadeur du Canada en France de juillet 1985 à mars 1988. Préside, en 1986, le Comité international de préparation du deuxième Sommet de la Francophonie qui a lieu à Québec en septembre 1987.
Nommé Secrétaire d'État du Canada le 31 mars 1988. Élu député de Lac-Saint-Jean à la Chambre des communes le 20 juin 1988. Réélu aux élections du 21 novembre 1988. Nommé ministre de l'Environnement le 30 janvier 1989. Le 22 mai 1990, démissionne comme ministre et député du Parti conservateur pour siéger comme député indépendant. Président et chef du Bloc québécois (qu'il dirige depuis juillet 1990) du 15 juin 1991 au 15 janvier 1996. Réélu député de la circonscription de Lac-Saint-Jean aux élections fédérales du 25 octobre 1993. Chef de l'Opposition officielle d'octobre 1993 à janvier 1996. Participe à la campagne référendaire sur la souveraineté du Québec à l'automne 1995. Démisionne de ses fonctions de chef de l'Opposition officielle, député de Lac-Saint-Jean et chef du Bloc québécois le 15 janvier 1996.
Président du Parti québécois du 27 janvier 1996 au 11 janvier 2001. Élu député de la circonscription de Jonquière à l'élection partielle du 19 février 1996. Réélu aux élections générales du 30 novembre 1998. Premier ministre du Québec du 29 janvier 1996 au 8 mars 2001, date de sa démission comme premier ministre et député.
Se joint au cabinet d'avocats Davies, Ward, Phillips & Vineberg, à titre d'associé en avril 2001. Membre du conseil d'administration du Groupe Transcontinental en septembre 2001. Devient, le 3 octobre 2002, co-président de la Société du havre. Membre du conseil consultatif de Dessau-Soprin depuis mars 2003. Membre de différents conseils d'administration: Saputo depuis février 2004 et Groupe BMTC depuis mars 2004. Décoré de la médaille Gloire de l'Escolle de l'Association des diplômés de l'Université Laval en octobre 2001. Décoré de la Légion d'honneur à titre de commandeur le 9 octobre 2002. Président du conseil d'administration de l'Orchestre Symphonique de Montréal, le 27 septembre 2004.
Source: Assemblée nationale du Québec
Citations de Lucien Bouchard
« On est le seul peuple occidental de plus de six millions de personnes qui n'a pas son État souverain. On est le seul ! Pourquoi on serait le seul ? On veut nous faire croire que c'est normal ? Ce n'est pas normal, ça... » - 1991
« Les Québécois d'aujourd'hui ne se sentent pas humiliés. Ce dont ils ont besoin, c'est d'un grand changement, de faire un pas en avant pour eux, pas contre les autres. » - 1993
« Cette Constitution canadienne [celle de 1982] a été faite dans les cuisines du Château-Laurier, la nuit, dans une sorte de complot, avec des personnes à la mine hirsute cachées en arrière des chaudrons, dont Jean Chrétien, marmiton en chef. [...] Une Constitution qui est enfoncée dans la gorge d'un des deux peuples fondateurs ne mérite pas le titre de Constitution. » - 1993
« Les Québécois veulent vivre normalement. Ils ne ont assez de se battre pour des choses élémentaires qui leur sont refusées. » - 1994
« S'il y a la souveraineté du Québec et que l'on trouve que les Canadienx anglais se vengent sur les francophones hors Québec, ce qui est arrivé, nous ne nous vengerons pas sur les anglophones du Québec. Ils ont des droits et on va les respecter. Ce sont des Québécois et on va les traiter comme tels. » - 1994
« On n'est pas souverainiste pour les fleurs du tapis ou pour le passeport québécois, quoique ce soit important aussi. On est d'abord souverainiste parce qu'on pense que collectivement, on serait mieux. » - 1995
« Les Québécois [...] sont tous égaux, il n'y a pas de distinction de statut, d'appartenance à notre société québécoise du fait qu'on soit d'une couleur, d'une religion, d'une origine ethnique ou l'autre. C'est fondamentalement ma croyance. » - 1995
« Dans sa croisade en faveur des langues officielles, M. Trudeau a créé un énorme malentendu entre nos deux peuples. Il a fait croire au Canada que l'adoption du bilinguisme institutionnel allait régler le problème québécois. » - 1996
« La souveraineté, je vois ça comme un projet qui englobe tout le monde: le peuple du Québec, ne n'est pas celui qu'avaient à l'esprit ceux qui m'ont précédé. » - 1996
« Pourquoi est-il si difficile pour nos voisins canadiens d'utiliser, pour parler de nous, des mots que nous méritons autant que tous les autres peuples du globe ? » - 1997
« La décision appartient au peuple du Québec et ce sont les Québécois qui vont décider de leur avenir. Faire un référendum coast to coast sur l'avenir du peuple québécois, c'est une interférence antidémocratique carrément inacceptable. » - 1997
« Ça n'a pas de bon sens de se dire "non" comme on l'a fait à deux reprises. quand est-ce qu'on va cesser d'envoyer la moitié de nos impôts à Ottawa et de les faire gérer par des gens qui ont des intérêts différents des nôtres ? » - 1998
« Le français est aussi menacé au Québec qu'en 1988, et il l'est encore plus avec la mondialisation de l'économie. il ne faut pas être un scientifique des fusées pour voir cela. »
- 2000
« Il ne peut y avoir pour nous Québécois de pays véritable que celui du Québec »
« Accéder à la souveraineté, c'est aujourd'hui plus que jamais dans l'Histoire aménager du même mouvement l'indépendance et l'interdépendance, politique nationale et politique internationale »
« Il faut cesser de s'acharner à faire entrer le Québec dans le moule d'une province comme les autres. Ce moule, les Québécois ne l'acceptent pas. Leur réalité même le fait éclater »